
Par Sébastien chambres
Du 10 au 15 Aout
Méchant.e : abus de langage utilisé pour définir des personnages de fiction à qui personne ne croit ressembler et qui créent des problèmes aux gentil.les.
Pendant cet atelier nous aborderons pourquoi et comment jouer des personnages « méchants » crédibles.
Pourquoi jouer un personnage « méchant » crédible ?
Les personnages méchants sont souvent joués sous forme de caricatures. Cela nous permet d’accepter nos répliques, nos attitudes : nous démontrons au moment même de le jouer que nous ne sommes pas réellement ainsi dans la vraie vie, en créant un personnage dont on peut se moquer. Or le choix d’interpréter une caricature occupe plusieurs rôles : le rôle du personnage problématique, et le rôle qui consiste à critiquer ce personnage (déjà occupé par lui même sous forme d’autocritique). Jouer un vilain personnage crédible permet à d’autres rôles de jouer les réactions à ce personnage et les critiques qui en découlent. Ne pas jouer de caricature créée davantage de possibilités de rôles/ personnages dans l’histoire, et permet de jouer des situations plus sensibles, plus touchantes, sans plaquer dès le début une morale qui peut rassurer l’interprète mais qui limite la dramaturgie.
Comment jouer un personnage crédible alors qu’il n’est pas en accord avec nos convictions ?
Nous nous exercerons à jouer des personnages despotes, manipulateurs, oppresseurs, intolérants, auteurs de discriminations, traîtres, corrompus, usurpateurs, sadiques en y apportant le plus grand soin et respect.
Nous nous exercerons aussi à jouer des personnages qui, dans une situation donnée, ont un comportement violent. Non pas par pure méchanceté ni volonté de faire le mal délibérément, mais par manque de maîtrise de soi et de la situation : se sentir responsable de quelqu’un, être dépassé.e par les événements, avoir peur, être inquièt.e, avoir des croyances, peuvent pousser un personnage à dire ou faire quelque chose qu’il/elle va regretter par la suite.
Donner une crédibilité aux méchant.e.s créée davantage de jeu, permet d’écrier ensemble des situations plus complexes et moins manichéennes, permet de passer de « les gentils nous et les méchants autres » à des situations plus réelles auxquelles votre public pourra s’identifier.
Nous pourrons ainsi raconter des histoires inspirantes, avec des personnages crédibles
*visuel de stage généré par IA
Sébastien Chambres
Auteur de spectacles basés sur l’observation du réel, metteur en scène de spectacles d’improvisation théâtrale, comédien et improvisateur professionnel depuis 2004. Il crée la compagnie Appoggiature en 2017 pour défendre sur scène une éthique qui pourrait être au cœur de nos vies : combattre les discriminations telles que le sexisme, le racisme, les LGBTQIA+phobies, afin que nos différences soient perçues comme des richesses et non comme des clivages.
Ancien ingénieur en informatique et téléphonie, professeur d’improvisation théâtrale au conservatoire de la Roche sur Yon, professeur de sciences humaines à l’école nationale d’ingénieur·es de Brest, élève de chant lyrique au conservatoire de Brest, amateur de Pessac-Léognan et marathonien, je prône l’interdisciplinarité et le « touche à tout » comme vecteur de compréhension du monde qui nous entoure. Je perçois mon métier comme celui d’observer, de restituer, et de rire ensemble, pour avancer sans trop pleurer.

